Votations du 29 novembre – interview de Béatrice Métraux
Trois questions avec la Conseillère fédérale Elisabeth Baume-Schneider, cheffe du Département fédéral de l’intérieur.
- L’AVS se porte bien, pourquoi imposer une hausse de la TVA ?
Certes, le fonds AVS dégage des dernières années un bénéfice et est dans les chiffres noirs. Toutefois le versement de la 13e rente dès le mois de décembre change profondément la donne. Ce sont dans un premier temps 4.1 milliards de francs, puis 5 milliards qui, chaque année, seront sortis du fonds AVS. C’est une très bonne chose pour le pouvoir d’achat des retraités. Pour celles et ceux qui habitent en Suisse, la 13e rente représente en moyenne un montant de presque 2000 francs par personne - marié ou célibataire. Après avoir été largement votée par la populaiton, la 13e rente doit désormais être financée.
- Pourquoi les retraités devraient-ils accepter une hausse de la TVA qui réduirait leur pouvoir d’achat ?
Le diminution du pouvoir d’achat est un réel problème. Et c’est précisément pour cette raison que le parlement a décidé de retirer les biens de premièrs nécessité – l’alimentation, les médicaments, les journaux, etc. – de cette hausse de la TVA . Ceux-ci ne seront donc pas concernés, comme c’est déjà le cas pour les loyers ou les primes d’assurance maladie. Selon les calculs de l’Administration fédérale des finances, la 13e rente coûtera 7 francs par mois à un ménage modeste, 13 francs à un ménage de classe moyenne. Cela représente 2 centimes de plus pour un café au restaurant. En comparaison avec les 2000 francs – en moyenne – qui seront touchés chaque année par les retraités, cette hausse de la TVA est socialement supportable. Enfin, la TVA n’est pas la seule source de financement de la 13e rente. La Confédération participe aussi à l’effort, avec plus de 800 millions de francs les premières années, puis plus de 1 milliard par an, ce qui est considérable.
- En cas de refus, les rentes AVS seraient-elles menacées ?
Je ne veux pas être alarmiste, mais force est de constater que sans financement additionnel, le fonds AVS entrera dans une spirale déficitaire dès l’année prochaine. En 2035, il ne sera plus couvert qu’à 50% des dépenses annuelles, au lieu de 100 %, comme le prévoit la loi. L’AVS est notre assurance sociale la plus solidaire. Nous voulons une AVS stable, digne de confiance, avec des reins solides. Il en va de notre responsablité pour les prochaines générations. Un rejet dans les urnes le 29 novembre affaiblirait assurément l’AVS et mettrait la pression sur les rentes, par exemple en relançant le débat sur une hausse de l’âge de la retraite alors que bon nombre de personnes proches de la retraite et au chômage peinent à retrouver un emploi. Il s’agit d’en être conscient.